Un vaccin contre le sida a montré pour la première fois des effets protecteurs sur l’homme. La Recherche SIDA 24.09.2009 13h00
Mais des effets modestes : il prévient l’infection dans 31 % des cas. L’annonce a été faite en Thaïlande, berceau de cet essai clinique de phase 3, financé en grande partie par les Instituts de la santé américains (NIH). Plus de 16 000 Thaïlandais y ont participé. Sur les 8198 personnes ayant reçu le placebo, 74 ont été infectées par le virus du sida. Elles n’étaient que 51 sur les 8197 personnes vaccinées.
Avec un tiers de personnes protégées seulement, "ce vaccin ne nous permettra pas de contrôler l’épidémie de sida, explique Yves Lévy, directeur scientifique du programme vaccins de l’ANRS. Mais il constitue un signal extrêmement fort pour la communauté scientifique : il montre que l’on peut vacciner contre le VIH". Une information qui n’allait pas de soi, aucun vaccin contre le sida n’a montré jusqu’à présent d’efficacité sur l’homme.
L’essai thaïlandais, lancé en 2003, faisait d’ailleurs l’objet d’une intense controverse scientifique. La substance testée est composée de deux vaccins antisida au mode d’action très différent. Or, testés séparément sur l’homme, aucun des deux n’avaient conféré de protection contre le VIH ! Dès lors, la combinaison de ces deux stratégies pouvait-elle être efficace ? "Ce concept, soutenu par l’ANRS depuis longtemps, est validé par ces résultats", note Yves Lévy.
Le premier vaccin utilisé est une molécule située à la surface du virus du sida, la gp 120. Injectée dans l’organisme, elle provoque la fabrication d’anticorps contre le VIH. Le deuxième vaccin est un virus de canari. Inoffensif pour l’homme, il contient des gènes du virus du sida. Une fois dans l’organisme, il fait fabriquer aux cellules des protéines du VIH. Le système immunitaire apprend alors à les reconnaître et à les combattre.
" En combinant ces deux vaccins, explique Y.Lévy, on cherche à créer des réponses immunitaires complémentaires et efficaces. Visiblement, cela fonctionne dans une certaine mesure. Reste à savoir comment naît cette protection contre le virus du sida et pourquoi elle n’apparaît pas chez tout le monde. Ces résultats vont orienter les futures recherches sur le vaccin". Le détail des résultats scientifiques sera présenté à Paris, lors de la conférence internationale Aids Vaccine qui se tiendra du 19 au 21 octobre 2009.
mardi 9 février 2010
SANTÉ
[1] J.-P. Braly, « Le stock de cellules souches cancéreuses fluctue », La Recherche, février 2009, p. 24.
[2] P. R. Gupta et al., Cell, 4, 645, 2009.
ONCOLOGIE
Premier traitement contre les cellules souches cancéreuses
Réputées difficiles à traiter, les cellules souches cancéreuses sont à l'origine des récidives et des métastases. Une équipe américaine a identifié pour la première fois des molécules permettant de les supprimer.
Certaines cellules cancéreuses résistent à la chimiothérapie et à la radiothérapie. Selon une hypothèse controversée, elles correspondraient à un type particulier de cellules tumorales, seules capables de générer de nouvelles tumeurs dans le tissu initial ou en migrant vers d'autres organes [1] . Baptisées « cellules souches cancéreuses », elles présentent des caractéristiques communes avec les cellules souches saines : elles se renouvellent indéfiniment et peuvent se différencier en cellules de différents types.
Bien qu'elles constituent moins de 1 % des cellules tumorales, elles joueraient un rôle essentiel dans l'évolution de la maladie puisqu'elles seraient à l'origine des métastases et des récidives. Pour valider cette hypothèse, il fallait trouver des molécules permettant de lutter spécifiquement contre elles, et montrer que leur action limite la progression du cancer. C'est ce que vient de faire une équipe de l'université Harvard.
Pilotée par Eric Lander et Robert Weinberg, cette dernière a procédé à un « criblage à haut débit », une technique automatisée qui consiste à tester des milliers de molécules différentes sur des cellules in vitro [2] . Son utilisation n'allait pas de soi : elle requiert un grand nombre de cellules, alors que les cellules souches cancéreuses sont présentes en très petite quantité dans les tumeurs.
Pour surmonter cet obstacle, les biologistes ont créé en laboratoire des lignées cellulaires enrichies en cellules souches cancéreuses à partir de cellules du sein modifiées génétiquement. Ils ont ensuite testé sur elles 16 000 substances et en ont isolé 32 ayant un effet toxique. L'une d'elles, la salinomycine, les attaque de manière particulièrement sélective et efficace : administrée à des populations de cellules tumorales, elle divise par cent la proportion de cellules souches cancéreuses par rapport au paclitaxel, l'un des plus puissants anticancéreux actuels. Les biologistes ont ensuite transplanté des cellules cancéreuses chez des souris et ont traité les animaux avec de la salinomycine. Résultat : la croissance des tumeurs et la formation des métastases ont été sensiblement ralenties.
[2] P. R. Gupta et al., Cell, 4, 645, 2009.
ONCOLOGIE
Premier traitement contre les cellules souches cancéreuses
Réputées difficiles à traiter, les cellules souches cancéreuses sont à l'origine des récidives et des métastases. Une équipe américaine a identifié pour la première fois des molécules permettant de les supprimer.
Certaines cellules cancéreuses résistent à la chimiothérapie et à la radiothérapie. Selon une hypothèse controversée, elles correspondraient à un type particulier de cellules tumorales, seules capables de générer de nouvelles tumeurs dans le tissu initial ou en migrant vers d'autres organes [1] . Baptisées « cellules souches cancéreuses », elles présentent des caractéristiques communes avec les cellules souches saines : elles se renouvellent indéfiniment et peuvent se différencier en cellules de différents types.
Bien qu'elles constituent moins de 1 % des cellules tumorales, elles joueraient un rôle essentiel dans l'évolution de la maladie puisqu'elles seraient à l'origine des métastases et des récidives. Pour valider cette hypothèse, il fallait trouver des molécules permettant de lutter spécifiquement contre elles, et montrer que leur action limite la progression du cancer. C'est ce que vient de faire une équipe de l'université Harvard.
Pilotée par Eric Lander et Robert Weinberg, cette dernière a procédé à un « criblage à haut débit », une technique automatisée qui consiste à tester des milliers de molécules différentes sur des cellules in vitro [2] . Son utilisation n'allait pas de soi : elle requiert un grand nombre de cellules, alors que les cellules souches cancéreuses sont présentes en très petite quantité dans les tumeurs.
Pour surmonter cet obstacle, les biologistes ont créé en laboratoire des lignées cellulaires enrichies en cellules souches cancéreuses à partir de cellules du sein modifiées génétiquement. Ils ont ensuite testé sur elles 16 000 substances et en ont isolé 32 ayant un effet toxique. L'une d'elles, la salinomycine, les attaque de manière particulièrement sélective et efficace : administrée à des populations de cellules tumorales, elle divise par cent la proportion de cellules souches cancéreuses par rapport au paclitaxel, l'un des plus puissants anticancéreux actuels. Les biologistes ont ensuite transplanté des cellules cancéreuses chez des souris et ont traité les animaux avec de la salinomycine. Résultat : la croissance des tumeurs et la formation des métastases ont été sensiblement ralenties.
SANTÉ
Diabète en hausse chez les jeunes
En France, les moins de 15 ans sont de plus en plus affectés par le diabète. Selon les données publiées récemment par l'Institut national de veille sanitaire, les nouveaux cas de diabète de type 1, qui nécessite des injections d'insuline, ont quasi doublé ces vingt dernières années. Aujourd'hui, 15 enfants sur 100 000 ont cette pathologie, contre 8 sur 100 000 en 1988. Plus inquiétant, l'apparition de la maladie est de plus en plus précoce et surgit même avant cinq ans. Le diabète de type 2, considéré jusqu'à présent comme une maladie liée à l'excès de poids chez l'adulte, émerge lui aussi chez les adolescents français. Une enquête menée à l'hôpital Robert-Debré, à Paris, montre que 5,2 % des enfants hospitalisés pour diabète entre 2001 et 2003 ont ce type 2. Ils n'étaient que 2,2 % entre 1993 et 1998.
www.invs.sante.fr/beh/ La Recherche 1/2008
En France, les moins de 15 ans sont de plus en plus affectés par le diabète. Selon les données publiées récemment par l'Institut national de veille sanitaire, les nouveaux cas de diabète de type 1, qui nécessite des injections d'insuline, ont quasi doublé ces vingt dernières années. Aujourd'hui, 15 enfants sur 100 000 ont cette pathologie, contre 8 sur 100 000 en 1988. Plus inquiétant, l'apparition de la maladie est de plus en plus précoce et surgit même avant cinq ans. Le diabète de type 2, considéré jusqu'à présent comme une maladie liée à l'excès de poids chez l'adulte, émerge lui aussi chez les adolescents français. Une enquête menée à l'hôpital Robert-Debré, à Paris, montre que 5,2 % des enfants hospitalisés pour diabète entre 2001 et 2003 ont ce type 2. Ils n'étaient que 2,2 % entre 1993 et 1998.
www.invs.sante.fr/beh/ La Recherche 1/2008
SANTÉ
Vaccin antipaludique
Un vaccin pédiatrique contre le paludisme montre des résultats très encourageants, lors de deux essais de phase 2 (tolérance et efficacité). Les enfants ayant reçu cette molécule ont été protégés contre la maladie à 53 % et 65 %. Si certains enfants vaccinés ont tout de même développé la maladie, ils ont fait leur première crise paludique plus tard que les non vaccinés. Élaboré par la société GlaxoSmithKline, ce vaccin contient une molécule de surface de l'une des espèces de parasite responsables du paludisme, le Plasmodium falciparum.
-P. Bejon et al., NEJM, 359, 2521, 2008 ; S. Abdulla et al., NEJM, 359, 2533, 2008
Un vaccin pédiatrique contre le paludisme montre des résultats très encourageants, lors de deux essais de phase 2 (tolérance et efficacité). Les enfants ayant reçu cette molécule ont été protégés contre la maladie à 53 % et 65 %. Si certains enfants vaccinés ont tout de même développé la maladie, ils ont fait leur première crise paludique plus tard que les non vaccinés. Élaboré par la société GlaxoSmithKline, ce vaccin contient une molécule de surface de l'une des espèces de parasite responsables du paludisme, le Plasmodium falciparum.
-P. Bejon et al., NEJM, 359, 2521, 2008 ; S. Abdulla et al., NEJM, 359, 2533, 2008
SANTÉ
PARACÉTAMOL ET VACCINS
L'administration de paracétamol après la vaccination d'un enfant est une pratique courante. Elle permet d'éviter fièvre et convulsions. Mais elle diminue l'efficacité des vaccins, selon une équipe tchèque. L'étude a été menée sur 459 nourrissons vaccinés à l'aide de trois types de vaccins différents. Certes, les enfants ayant reçu du paracétamol après l'injection ont été deux fois moins nombreux à présenter de la fièvre. Mais la concentration d'anticorps dans leur sang était très inférieure à celle des enfants non traités. Le paracétamol pourrait interférer avec une enzyme utilisée par les lymphocytes B pour fabriquer les anticorps.
R. Prymula et al., The Lancet, 374, 1339, 2009.
L'administration de paracétamol après la vaccination d'un enfant est une pratique courante. Elle permet d'éviter fièvre et convulsions. Mais elle diminue l'efficacité des vaccins, selon une équipe tchèque. L'étude a été menée sur 459 nourrissons vaccinés à l'aide de trois types de vaccins différents. Certes, les enfants ayant reçu du paracétamol après l'injection ont été deux fois moins nombreux à présenter de la fièvre. Mais la concentration d'anticorps dans leur sang était très inférieure à celle des enfants non traités. Le paracétamol pourrait interférer avec une enzyme utilisée par les lymphocytes B pour fabriquer les anticorps.
R. Prymula et al., The Lancet, 374, 1339, 2009.
mercredi 27 janvier 2010
Préhistoire - les grandes avancées
mardi 26 janvier 2010
RÉPONSES
Voici les réponses que vous avez donnez aux questions proposés.
1-Homo neandertalensis est disparu a cause d’une concurrence avec Homo sapiens, il avait quelques différences entre les espèces qui ont rendu neanderthal vulnérable.
2- En étudiant surtout des donnes anatomiques sur les fossiles, et après par comparaison statistique. On étudie aujourd’hui les molécules trouvées telles que l’ADN mitochondrial.
3- Apparemment et selon les données actuelles nous ne nous sommes pas mélangés avec Neanderthal. Avec d’autres espèces, peut être avant, on ne le sait pas encore.
4- Au moins intéressante, quelques uns ne croient pas les migrations effectuées par sapiens ou erectus .. ?
1-Homo neandertalensis est disparu a cause d’une concurrence avec Homo sapiens, il avait quelques différences entre les espèces qui ont rendu neanderthal vulnérable.
2- En étudiant surtout des donnes anatomiques sur les fossiles, et après par comparaison statistique. On étudie aujourd’hui les molécules trouvées telles que l’ADN mitochondrial.
3- Apparemment et selon les données actuelles nous ne nous sommes pas mélangés avec Neanderthal. Avec d’autres espèces, peut être avant, on ne le sait pas encore.
4- Au moins intéressante, quelques uns ne croient pas les migrations effectuées par sapiens ou erectus .. ?
jeudi 21 janvier 2010
L'implantation géographique de Neandertal et de sapiens depuis 40 000 ans
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La carte ci-contre montre le recul progressif de Neandertal et l'expansion de sapiens en Europe.- 40 000 ans en arrière, Neandertal est le maître des lieux en Europe: il est installé sur un territoire allant de l'Albanie à l'Espagne, avec même une incursion dans le sud de l'Angleterre. Il a conquis ces territoires depuis 80 000 ans. - 35 000 ans, Homo sapiens commence sa progression à partir de l'Europe de l'est. Neandertal se rétracte lui en France et dans l'ouest de la péninsule ibérique. - 30 000 ans, sapiens a remplacé Neandertal sur l'ensemble de l'Europe, ne lui laissant que quelques zones limitées au sud du Portugal, et la région sud-ouest de la France (Saint-Césaire). - 24 000 ans, dernières traces de Neandertal dans la grotte de Gorham à Gibraltar. Fin de l'histoire...
mardi 19 janvier 2010
Travail
À VOUS DE TROUVER LES REPONSES
Pour jeudi 21 janvier vous devez chercher sur Internet ou ailleurs les réponses aux questions suivantes et faire référence au site ou article où vous avez trouvé cette réponse.
1- Pourquoi Homo neanderthalensis est il disparu ?
2- Comment les scientifiques ont pu établir les relations entre les différents espèces fossiles ?
3- Est ce que nous nous sommes mélangés avec Neandertal ou une autre espèce de Homo ?
4- Quel est ton avis sur l’évolution humaine ?
Pour jeudi 21 janvier vous devez chercher sur Internet ou ailleurs les réponses aux questions suivantes et faire référence au site ou article où vous avez trouvé cette réponse.
1- Pourquoi Homo neanderthalensis est il disparu ?
2- Comment les scientifiques ont pu établir les relations entre les différents espèces fossiles ?
3- Est ce que nous nous sommes mélangés avec Neandertal ou une autre espèce de Homo ?
4- Quel est ton avis sur l’évolution humaine ?
dimanche 10 janvier 2010
AFFICHES-POSTERS
Tâche pour améliorer la note. Je vous explique, il s’agit de faire une affiche, avec de belles images et une explication simple mais scientifique pour montrer dans le couloir du lycée. Le thème, les sujets du cours, l’univers, l’évolution, la génétique nouveaux matériaux, la science, les chercheurs etc. Et montrez moi ce que vous êtes en train de faire !!
lundi 21 décembre 2009
dimanche 13 décembre 2009
Épigénétique
Le terme épigénétique définit les modifications transmissibles et réversibles de l'expression des gènes ne s'accompagnant pas de changements des séquences nucléotidiques. Ce terme qualifie en fait ce qui résulte de modifications de l’ADN (par exemple méthylation des cytosines) ou des protéines liées à l’ADN (par exemple histones). Les changements peuvent se produire spontanément, en réponse à l'environnement, à la présence d'un allèle particulier, même si celui-ci n'est plus présent dans les descendants.
mercredi 9 décembre 2009
mardi 8 décembre 2009
Dessein intelligent
La "théorie"Par décision de la Cour Suprême, il a été jugé que seules les théories scientifiques devaient être enseignées dans les établissements publics et que le créationnisme, étant une religion, ne pouvait figurer au programme scolaire. Le premier amendement de la Constitution américaine stipule en effet qu'aucune loi ne peut promouvoir une religion. Les créationnistes, voyant qu'ils ne pourraient plus avancer dans cette direction, ont changé de cap.La "nouvelle théorie" créationniste, le Dessein Intelligent, ou Intelligent Design, a donc tenté de présenter ses arguments de manière plus "scientifique"... Repartant en guerre contre la théorie de l'évolution, ces "nouveaux créationnistes" ont enlevé toute notion de Dieu de leur vocabulaire... sans changer le fond de leurs pensées !Cela nous donne des notions assez surréalistes :- l'évolution est guidée par un être supérieur, il y a un dessein intelligent dans l'univers - la vie humaine est trop complexe pour être le fruit du hasard- la théorie de l'évolution est trop frustre pour expliquer la complexité de la vie. La meilleure hypothèse alternative, c'est qu'une intelligence supérieure, extraterrestre ou divine, l'a organisée.- il y a tellement de choses belles dans la nature que c'est forcément une force intelligente qui dirige tout cela...Il suffit de remplacer les notions de force ou Dessein Intelligent par le mot Dieu pour retrouver tous les arguments des créationnistes 30 ans en arrière...
La critique Comme le créationnisme, cette '"théorie" est indémontrable... et anti-scientifique.En effet, pour valider une théorie scientifique, celle-ci doit être réfutable, c'est-à-dire que l'on peut reproduire les expériences, et observer les faits qui ont servi à sa construction, vérifier les hypothèses... Avec le Dessein Intelligent rien de tout cela n'est possible. Même sentence que pour le créationnisme, cette "théorie" n'est en fait qu'une simple vue de l'esprit.
La critique Comme le créationnisme, cette '"théorie" est indémontrable... et anti-scientifique.En effet, pour valider une théorie scientifique, celle-ci doit être réfutable, c'est-à-dire que l'on peut reproduire les expériences, et observer les faits qui ont servi à sa construction, vérifier les hypothèses... Avec le Dessein Intelligent rien de tout cela n'est possible. Même sentence que pour le créationnisme, cette "théorie" n'est en fait qu'une simple vue de l'esprit.
samedi 5 décembre 2009
jeudi 3 décembre 2009
DESSEIN INTELLIGENT
Comme je vous expliquait quelques uns veulent que ça soit une théorie scientifique. Qu’en pensez vous ?
À la différence des créationnistes traditionnels, nombre de promoteurs du dessein intelligent ( Intelligent Design ou ID) sont des universitaires établis. Ils mettent en avant leur appartenance au milieu académique pour présenter leur théorie comme alternative au darwinisme. Et ils publient pléthore d'ouvrages.Trois auteurs ouvrent le feu en 1984 avec The Mystery of Life's Origin (publié par la Foundation for Science and Ethics). Charles Thaxton, docteur en chimie, a suivi des études d'histoire des sciences à Harvard et de biochimie à Brandeis, Walter Bradley, ingénieur en science des matériaux, est professeur à l'université du Texas, et Roger Olsen, géochimiste, est vice-président d'une société de conseil. Dans leur essai, ils suggèrent que seule une intelligence supérieure peut avoir généré le code génétique. S'ensuit en 1989 la publication - coordonnée par Thaxton et financée par la même fondation chrétienne conservatrice - du manuel Of Pandas and People destiné à introduire la théorie dans les écoles. Puis un professeur de droit à Berkeley, Philip Johnson, sort, en 1991, Darwinism on Trial, qui va propulser l'ID sur le devant de la scène.
Toujours en 1991, le même Johnson (aujourd'hui à la retraite) participe à la création à Seattle du Discovery Institute, un Think Tank financé en partie par des Églises fondamentalistes. En 1996, l'institut se dote d'un centre de recherche dédié au dessein intelligent, le CSC (Center for Science and Culture), dirigé par le géophysicien et historien des sciences Stephen Meyer. La même année, le biochimiste Michael Behe, professeur à l'université de Lehigh en Pennsylvanie, devenu l'un des leaders du mouvement, publie Darwin's Black Box (Free Press) ; l'ouvrage est suivi en 1998 par The Design Inference (Presses universitaires de Cambridge) du mathématicien et théologien William Dembski. Depuis, les essais foisonnent, mais les articles scientifiques tentant d'accréditer l'ID brillent par leur absence.
Pourtant, les tenants du dessein intelligent sont bien des néocréationnistes. Certains le dissimulent, comme Behe et Dembski. Chrétiens pratiquants, ils se gardent de toute référence à Dieu ou à la Bible afin que leur théorie apparaisse comme une science. Mais ils prétendent que le vivant est si complexe que seul un « designer intelligent » peut l'avoir conçu. D'autres affirment leur engagement évangélique. Tel Philip Johnson, qui n'hésite pas à déclarer : « Notre but ultime est d'affirmer que Dieu existe et de combattre Darwin. » M.-L. T.
TURQUIE : Le croissant et le singe
Loin d'être l'apanage des Églises protestantes américaines, le créationnisme scientifique fait aussi bon ménage avec les courants fondamentalistes islamiques. Selon Jacques Arnould, prêtre dominicain, spécialiste des rapports entre la théologie et la théorie de l'évolution, le cas de la Turquie est exemplaire. C'est l'un des rares pays à la population majoritairement musulmane à être laïque, démocratique et ouvert sur l'Occident. Pourtant, la Turquie est devenue une terre d'élection du créationnisme islamique. Comment l'expliquer ?
Historiquement, l'Islam a plutôt bien toléré Darwin. Il l'a même en quelque sorte récupéré, considérant l'évolution comme une action divine. Certains zélotes sont allés jusqu'à juger le Coran plus darwinien, donc plus scientifique que la Bible. Or, en Turquie, avec le coup d'État militaire de 1980, qui a porté au pouvoir des musulmans très actifs, le ton a changé. Les intégristes turcs ont enfourché le cheval de bataille de l'anti-évolutionnisme pour servir leur discours politique.
Une Fondation pour la recherche et la science, le Bav (Bilim Arastima Vakfi) est née en 1991 dans la mouvance des courants fondamentalistes, conduits entre autres par le sénateur Necmettin Erbakan. Son principal objectif est de faire disparaître la théorie de l'évolution de l'enseignement turc. Ses moyens d'action s'apparentent à ceux du créationnisme américain : conférences, publications d'essais, distributions de brochures. Elle a d'ailleurs noué des contacts avec l'Institute for Creation Research (ICR) qui lui fournit des documents et des argumentaires. Mais son discours est plus extrémiste : Allah est grand, et Darwin est un imposteur ! Le Bav n'en est pas au « dessein intelligent ». Le Coran est la référence scientifique ultime : puisque le texte n'évoque pas l'évolution, c'est qu'elle n'existe pas. Les récents ouvrages soutenus par le Bav sont signés par un certain Hârun Yahya - un pseudonyme sous lequel se cache peut-être N. Erbakan. Darwin y est présenté comme le satan qui a conduit les sociétés modernes au bord du gouffre. Tout simplement... M.-L. T. publié à la recherché avril 2006
À la différence des créationnistes traditionnels, nombre de promoteurs du dessein intelligent ( Intelligent Design ou ID) sont des universitaires établis. Ils mettent en avant leur appartenance au milieu académique pour présenter leur théorie comme alternative au darwinisme. Et ils publient pléthore d'ouvrages.Trois auteurs ouvrent le feu en 1984 avec The Mystery of Life's Origin (publié par la Foundation for Science and Ethics). Charles Thaxton, docteur en chimie, a suivi des études d'histoire des sciences à Harvard et de biochimie à Brandeis, Walter Bradley, ingénieur en science des matériaux, est professeur à l'université du Texas, et Roger Olsen, géochimiste, est vice-président d'une société de conseil. Dans leur essai, ils suggèrent que seule une intelligence supérieure peut avoir généré le code génétique. S'ensuit en 1989 la publication - coordonnée par Thaxton et financée par la même fondation chrétienne conservatrice - du manuel Of Pandas and People destiné à introduire la théorie dans les écoles. Puis un professeur de droit à Berkeley, Philip Johnson, sort, en 1991, Darwinism on Trial, qui va propulser l'ID sur le devant de la scène.
Toujours en 1991, le même Johnson (aujourd'hui à la retraite) participe à la création à Seattle du Discovery Institute, un Think Tank financé en partie par des Églises fondamentalistes. En 1996, l'institut se dote d'un centre de recherche dédié au dessein intelligent, le CSC (Center for Science and Culture), dirigé par le géophysicien et historien des sciences Stephen Meyer. La même année, le biochimiste Michael Behe, professeur à l'université de Lehigh en Pennsylvanie, devenu l'un des leaders du mouvement, publie Darwin's Black Box (Free Press) ; l'ouvrage est suivi en 1998 par The Design Inference (Presses universitaires de Cambridge) du mathématicien et théologien William Dembski. Depuis, les essais foisonnent, mais les articles scientifiques tentant d'accréditer l'ID brillent par leur absence.
Pourtant, les tenants du dessein intelligent sont bien des néocréationnistes. Certains le dissimulent, comme Behe et Dembski. Chrétiens pratiquants, ils se gardent de toute référence à Dieu ou à la Bible afin que leur théorie apparaisse comme une science. Mais ils prétendent que le vivant est si complexe que seul un « designer intelligent » peut l'avoir conçu. D'autres affirment leur engagement évangélique. Tel Philip Johnson, qui n'hésite pas à déclarer : « Notre but ultime est d'affirmer que Dieu existe et de combattre Darwin. » M.-L. T.
TURQUIE : Le croissant et le singe
Loin d'être l'apanage des Églises protestantes américaines, le créationnisme scientifique fait aussi bon ménage avec les courants fondamentalistes islamiques. Selon Jacques Arnould, prêtre dominicain, spécialiste des rapports entre la théologie et la théorie de l'évolution, le cas de la Turquie est exemplaire. C'est l'un des rares pays à la population majoritairement musulmane à être laïque, démocratique et ouvert sur l'Occident. Pourtant, la Turquie est devenue une terre d'élection du créationnisme islamique. Comment l'expliquer ?
Historiquement, l'Islam a plutôt bien toléré Darwin. Il l'a même en quelque sorte récupéré, considérant l'évolution comme une action divine. Certains zélotes sont allés jusqu'à juger le Coran plus darwinien, donc plus scientifique que la Bible. Or, en Turquie, avec le coup d'État militaire de 1980, qui a porté au pouvoir des musulmans très actifs, le ton a changé. Les intégristes turcs ont enfourché le cheval de bataille de l'anti-évolutionnisme pour servir leur discours politique.
Une Fondation pour la recherche et la science, le Bav (Bilim Arastima Vakfi) est née en 1991 dans la mouvance des courants fondamentalistes, conduits entre autres par le sénateur Necmettin Erbakan. Son principal objectif est de faire disparaître la théorie de l'évolution de l'enseignement turc. Ses moyens d'action s'apparentent à ceux du créationnisme américain : conférences, publications d'essais, distributions de brochures. Elle a d'ailleurs noué des contacts avec l'Institute for Creation Research (ICR) qui lui fournit des documents et des argumentaires. Mais son discours est plus extrémiste : Allah est grand, et Darwin est un imposteur ! Le Bav n'en est pas au « dessein intelligent ». Le Coran est la référence scientifique ultime : puisque le texte n'évoque pas l'évolution, c'est qu'elle n'existe pas. Les récents ouvrages soutenus par le Bav sont signés par un certain Hârun Yahya - un pseudonyme sous lequel se cache peut-être N. Erbakan. Darwin y est présenté comme le satan qui a conduit les sociétés modernes au bord du gouffre. Tout simplement... M.-L. T. publié à la recherché avril 2006
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